Initialement conçu pour renforcer la sécurité routière, le nouveau contrôle technique des deux-roues vire au casse-tête économique. Obligatoire pour les cyclomoteurs, cet examen — qui inclut désormais une vérification de la vitesse maximale — suscite la colère noire des motards... et le profond désappointement des professionnels du secteur.
Pourquoi un tel fiasco ? On fait le point sur une mesure qui peine cruellement à convaincre.
Des centres de contrôle technique déserts
Si les automobilistes sont habitués au traditionnel examen des quatre ans (puis tous les deux ans), le passage des deux-roues sur le pont de contrôle était censé devenir une routine. Pourtant, la réalité du terrain est tout autre.
Depuis l'entrée en vigueur de la vérification de la vitesse, les propriétaires de cyclomoteurs et de scooters boudent massivement les centres. Résultat : les prises de rendez-vous sont au point mort.
« Je n’ai que quatre ou cinq motos de 50 cm³ par mois. Pas plus. C’est décevant parce qu’on aimerait bien contrôler ces véhicules-là, mais personne ne vient. »
— Yassine Ben Yaala, gérant d’un centre à Montreuil (93) au micro de France Info.
Un investissement lourd... et impossible à rentabiliser
Derrière le désintérêt des usagers se cache une véritable crise financière pour les centres de contrôle technique. Pour se conformer à la nouvelle réglementation et pouvoir tester la vitesse des cyclomoteurs, les professionnels ont dû investir massivement dans du matériel de pointe.
Le coût des équipements : Environ 4 000 € hors taxes par centre.
Le profil des structures : Souvent de petits indépendants aux marges déjà très serrées.
Le constat : Des machines coûteuses qui prennent la poussière faute de clients.
La profession ne cache plus son amertume face à des injonctions gouvernementales répétées qui mettent en péril l'équilibre économique de leurs entreprises : « Chaque année on nous demande d’investir et à la fin ce n’est pas rentabilisé », déplorent les professionnels.
Un boycott citoyen qui dure
Du côté des conducteurs et des associations de motards, la résistance s'organise. Le mot d'ordre reste le boycott pur et simple.
En refusant de soumettre leurs véhicules à ce contrôle, les usagers grippent totalement la machine réglementaire. Reste à savoir combien de temps les centres de contrôle technique pourront tenir face à ce manque à gagner flagrant et à un bras de fer qui semble s'éterniser.